Espion, Vietnam, Saïgon
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Au Vietnam et en Californie, de 1975 à 1980
Avril 1975, Saïgon est en plein chaos. À l'abri d'une villa, entre deux whiskies, un général de l'armée du Sud Vietnam et son capitaine dressent la liste de ceux à qui ils vont délivrer le plus précieux des sésames : une place dans les derniers avions qui décollent encore de la ville.
Mais ce que le général ignore, c'est que son capitaine est un agent double au service des communistes. Arrivé en Californie, tandis que le général et ses compatriotes exilés tentent de recréer un petit bout de Vietnam sous le soleil de L.A., notre homme observe et rend des comptes dans des lettres codées à son meilleur ami resté au pays. Dans ce microcosme où chacun soupçonne l'autre, notre homme lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, parfois au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Et face à cette femme dont il pourrait bien être amoureux, sa loyauté vacille.

 

Je suis bien ennuyée pour cette chronique car je constate que les critiques sont toutes enchanteresses pour ce livre. Et je dois dire que, personnellement, je n'ai pas aimé. Enfin, ce n'est pas que je n'ai pas aimé, c'est le style de l'écriture qui m'a déplu et m'a rendu la lecture fastidieuse.

Nous entrons de plein pied dans le conflit qui a secoué le Vietnam et nous y entrons de façon originale. Nous découvrons cette page d’histoire à travers la confession d’une taupe, d’un espion, d’un être jouant double jeu. Il veut sauver sa peau alors il crache le morceau, pour parler crûment. Et il raconte, raconte… tout, sans état d’âme. La fuite avec sa sélection de ceux qui peuvent vivre et les autres ; l’intégration au sein de la société américaine, le sacrifice d’un homme pour sauver sa peau, l’amour…

Il n’y a aucune ambigüité sur le narrateur, même s’il reste anonyme tout au long du livre. Dès la première phrase, il se présente comme « un espion, une taupe, un agent secret, un homme au double visage ». Pourquoi, parce qu’il est un bâtard issu de l’amour fugace d’une mère vietnamienne et d’un père curé français. Donc pas tout à fait vietnamien lui-même, pas tout à fait français, bref notre narrateur se sent apatride et ne doit rien à personne. De ce fait, il plonge avec délice dans une double vie d’agent secret. Capitaine de la police secrète, il dit oui d’un côté pour mieux dénoncer de l’autre. Aux premières loges de tout évènement, c’est un témoin précieux de cette page historique. Pro américain à certains moments et anti américain à d’autres, il profite des différents systèmes qui s’offrent à lui. Ne voyant que son profit, il n’hésite pas à sacrifier des innocents pour conserver sa vie.

Bref, un récit complet, fascinant, instructif.

Mais... car plus haut, j'ai dit que je n'avais pas "aimé". C'est un récit à une voix puisque c'est la confession de notre sympathisant. Qui dit récit à une voix, dit récit terne, monocorde, monotone… Bref, tout est écrit sur le même ton. Et là, ça casse le plaisir de lecture, enfin pour moi. J’aime avoir des dialogues, des changements de ton, un rythme qui s’accélère ou au contraire qui ralenti pour mieux nous faire ressentir les tensions. Là, rien. Le narrateur est devant sa feuille blanche et plonge dans ses souvenirs.

Cela reste néanmoins un témoignage intéressant et une bonne lecture.

 

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