LES NEUFS CERCLES - R.J ELLORY

1974. De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente. La surprise est de taille : celle-ci n’est autre que Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt, dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Traumatisé par le Vietnam, cette guerre atroce dont « seuls les morts ont vu la fin », John doit à nouveau faire face à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat, un combat singulier, cette fois, tant il est vrai qu’un seul corps peut être plus perturbant encore que des centaines. Un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée, un combat contre les secrets et les vérités cachées de sa petite ville tranquille. Si mener une enquête vingt ans après le crime semble une entreprise périlleuse, cela n’est rien à côté de ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.

Pour ce thriller sombre et déchirant, qui évoque autant Truman Capote que Jim Thompson, R. J. Ellory renoue avec la veine crépusculaire de Seul le silence. Son personnage principal, John Gaines, littéralement hanté par le crime, la violence et la mort, lui permet d’aborder une fois encore, et de façon plus puissante que jamais, l’interrogation principale au centre de tous ses romans : la part d’ombre de chaque individu et la nature du mal. Son écriture, d’une exceptionnelle beauté, entraîne le lecteur dans un inoubliable voyage au cœur des ténèbres.

R. J. Ellory est né en 1965. Après Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes, Les Anges de New York et Mauvaise étoile, Les Neuf Cercles est son cinquième roman publié en France par Sonatine Éditions.

Le livre se décompose en deux parties : la première n'est pas s'en rappeler l'excellent film "La ligne verte" de Frank

Darabon avec l'excellentissime Tom Hanks et Michael Clarke Duncan. Ce film est l'adaptation cinématographique du roman-feuilleton éponyme de Stephen King. En gros et pour la faire courte : un homme est arrêté car il tient entre ses mains le cadavre d'une petite fille. Tout l'accuse mais au fil du film on s’aperçoit qu'il est innocent et qu'ayant des pouvoirs de guérisseur, il essayait d’insuffler son souffle afin de faire revenir à la vie la petite fille. Dans les neufs cercles, le shérif découvre un cadavre de jeune fille, il arrête un marginal que tout condamne mais on comprend assez vite que, tout comme dans le film, cet homme a effectué un rituel afin de ramener la fille à la vie. Voilà, ça c'est la partie la plus barbante du livre car cette partie de l'enquête est continuellement coupée par les flashbacks vers les passés respectifs du flic, de la victime et du suspect. Pas que cela soit inintéressant, mais bon, ce n'est pas cela que l'on attend d'un polar. L'auteur relance le récit mais s'enlise à nouveau dans des monologues intérieurs du shérif. Par moment, on l'impression de tourner à vide.

Heureusement, à partir de la deux centième pages, l'enquête prend une tournure plus obscure et notre shérif se lance, enfin, tête baissée dans la recherche du vrai coupable. Et là, nous voilà scotché au livre à tourner de plus en plus frénétiquement les pages pour tomber sur un coupable, et bien, que je n'avais pas vu venir.

A travers ce récit deux grands faits d'histoire de l'Amérique servent de toile de fond : la guerre du Vietnam, véritable boucherie dont on ne revient pas intact et la ségrégation raciale toujours omniprésente.

Le personnage du shérif John Gaines, qui n'est pas s'en rappeler Dave Robicheaux, le héros créé par James Lee Burke, est un homme bon qui essaie de se reconstruire et qui par moment nous fait un peu pitié.

Longue vie au shérif mais pourvu qu'il s'occupe plus de ses enquêtes que de ses démons intérieurs.

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